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Le Bénin a voté. Le Bénin a tranché. Et pour une fois en Afrique de l'Ouest, la transmission du pouvoir se passe comme prévu.
Publié le 14 avril 2026 à 05:34 UTC

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2026, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a rendu son verdict : le duo Romuald Wadagni–Mariam Chabi Talata remporte l'élection présidentielle du 12 avril avec 94,05% des suffrages, soit 4 252 347 voix. En face, Paul Hounkpè et son colistier récoltent 5,95% (269 433 voix). Dès lundi soir, avant même l'annonce officielle, Hounkpè avait reconnu sa défaite et adressé ses félicitations à Wadagni. Pas de contestation, pas de crise. La mécanique institutionnelle béninoise a tenu.
Ces résultats sont établis sur la base de 90,55% des postes de vote traités (5 814 bureaux sur 17 463), territoire national et diaspora inclus. Ils restent provisoires dans l'attente de la validation par la Cour constitutionnelle, qui prononcera les résultats définitifs et traitera l'éventuel contentieux électoral.
Les premières observations de terrain dimanche matin, à Cotonou et Porto-Novo, signalaient des bureaux clairsemés. Le taux final publié par la CENA raconte une autre histoire : 58,75% des électeurs inscrits ont voté (4 640 354 personnes sur 7 897 287). Un taux respectable, supérieur à bien des scrutins occidentaux comparables. La CENA a par ailleurs signalé quelques "velléités de perturbations" dans certaines localités du nord du pays, rapidement maîtrisées sans impact sur le déroulement global du scrutin.
Source : AFP OLYMPIA DE MAISMONT
Wadagni est le dauphin assumé de Patrice Talon (son ministre des Finances) depuis les grandes années de la croissance béninoise, l'architecte discret des réformes économiques d'une décennie. Sa victoire écrasante n'est pas une surprise : l'opposition n'avait pas réussi à présenter une alternative crédible, et Hounkpè lui-même avait eu besoin de parrainages de la majorité pour valider sa candidature. Ce score de 94% dit moins l'enthousiasme pour Wadagni que l'absence d'alternative réelle dans le paysage politique béninois actuel.
Ce qui commence maintenant est plus intéressant. Wadagni hérite d'un Bénin économiquement solide (croissance soutenue, infrastructures réelles, réputation internationale propre) mais aussi d'un nord déstabilisé par les incursions jihadistes sahéliennes, d'une jeunesse qui peine à trouver sa place dans le marché de l'emploi, et d'un espace civique qui s'est progressivement resserré sous dix ans de Talon. Il gouvernera pour sept ans, sous la nouvelle Constitution. Un mandat long, qui réclame une vision longue.
Source : AFP OLYMPIA DE MAISMONT
Patrice Talon, lui, a promis la retraite. Il a voté, salué les médias, et il est parti. Dans un continent où les présidents sortants s'accrochent souvent jusqu'à épuisement de la loi, ce départ volontaire mérite d'être nommé. Ce n'est pas rien.
La démocratie béninoise a tenu ce week-end. Elle a organisé un scrutin, compté les voix, rendu les résultats en 48 heures, et transmis le pouvoir sans violence. C'est le minimum (mais en Afrique de l'Ouest en 2026), c'est aussi une rareté qui se respecte. Ce que Wadagni fera de cet héritage, notamment en matière de libertés publiques et d'inclusion politique, définira si ce "minimum" devient quelque chose de plus grand.
#WadagniPrésident #Bénin2026 #DémocratieAfricaine
Source couverture : AFP OLYMPIA DE MAISMONT
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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