Mémoire de l'apartheid
Eugene de Kock devant la commission : « personne n'a fait un jour de prison, sauf moi »
L'ancien chef de l'unité Vlakplaas, condamné en 1996, accuse les procureurs de ne jamais avoir remonté la chaîne de commandement. Ses propos n'ont pas été contredits dans les articles lus.
Pretoria — Publié le 27 octobre 2026 à 10:06

« Personne n'a fait un jour de prison en , sauf moi. » La phrase est celle d'un homme de 77 ans, mais elle pèse sur toute une transition.
Lundi 26 octobre, Eugene de Kock, ancien commandant de l'unité Vlakplaas, a témoigné devant la commission d'enquête sud-africaine sur la poursuite des crimes de l'apartheid, que le Daily Maverick nomme commission Khampepe et qu'EWN décrit comme l'enquête sur les dossiers de la CVR. Représenté par l'avocat Geoff Budlender, il a déposé un affidavit de 18 pages, une semaine après le passage de Thabo Mbeki.
Condamné en 1996 à deux peines de prison à vie plus 212 ans, De Kock dit avoir passé vingt ans en cellule de haute sécurité. Selon le Daily Maverick, il affirme que les procureurs ne l'ont « simplement jamais approché » pour obtenir les noms de sa chaîne de commandement.
Il cite l'avocat Anton Ackermann (« Ackerman » chez EWN), nommé en 2003 à la tête de l'unité de poursuites pour crimes prioritaires, qui lui aurait promis de remonter cette chaîne. Rien ne se serait passé. EWN rapporte qu'il l'accuse d'avoir protégé de hauts gradés et des responsables politiques.
Il affirme aussi que des politiques étaient impliqués, citant les anciens ministres Louis le Grange et Adriaan Vlok. Il dit qu'un brigadier lui aurait confié que l'ordre de l'attentat contre Cosatu House venait « de très haut », jusqu'à P. W. Botha. Ces accusations sont celles d'un condamné. Elles n'ont pas été contredites dans les articles que nous avons lus, mais elles n'ont pas non plus été établies. Les personnes qu'il cite n'ont pas été jugées sur ces points et leur version n'est pas rapportée.
Pourquoi cela compte au-delà de ? Parce que d'autres pays, de l' à la en passant par le , cherchent comment solder leurs guerres. L'Afrique du Sud montre le prix d'une amnistie qui s'arrête aux exécutants : la mémoire reste ouverte, et l'impunité des donneurs d'ordre nourrit la méfiance.
Peut-on vraiment tourner la page d'un conflit sans juger ceux qui donnaient les ordres ?
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