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Zhang Kequn a tenté de quitter Nairobi avec 2 200 fourmis vivantes valant jusqu'à 100 dollars chacune. Un tribunal kenyan l'a condamné à 1 an de prison. L'histoire complète.
Publié le 20 avril 2026 à 07:14 UTC

Vous avez lu des histoires de trafic de diamants, d'ivoire, d'or. Mais des fourmis ? 2 200 fourmis vivantes, cachées dans des tubes et des rouleaux de papier toilette, dans un aéroport africain. En 2026.
Le 15 avril 2026, un tribunal de Nairobi a condamné Zhang Kequn, ressortissant chinois, à 12 mois de prison et une amende d'un million de shillings kényans (environ 7 750 dollars) pour avoir tenté de sortir du Kenya avec 2 200 fourmis vivantes. L'homme avait été interpellé en mars à l'aéroport international Jomo Kenyatta de Nairobi, avant de s'enfuir avec un faux passeport, puis d'être recapturé. 300 des fourmis étaient enroulées dans du papier toilette, les 1 948 autres rangées dans de petits tubes.
Ce qui ressemble à une blague cache un marché réel et lucratif. Une seule fourmi peut se vendre jusqu'à 100 dollars sur les marchés en ligne chinois, où les amateurs de "formicariums" — ces grandes boîtes transparentes permettant d'observer les colonies de fourmis — sont prêts à payer très cher pour des espèces exotiques africaines. Zhang Kequn n'était pas fou : avec 2 200 fourmis, il transportait un stock potentiel de plusieurs centaines de milliers de dollars. La magistrate a prononcé une peine sévère, citant "une recrudescence des cas de trafic de fourmis" au Kenya. Oui, le Kenya a une "recrudescence" de trafic de fourmis. L'affaire révèle un angle peu couvert : la biodiversité africaine, jusqu'aux insectes, est devenue une ressource convoitée par des marchés étrangers.
L'Afrique de 2050 sera la région la plus riche en biodiversité de la planète. Si ses lois ne protègent pas chaque espèce — même la plus petite — cette richesse partira dans des valises. Derrière l'anecdote des fourmis se cache un enjeu sérieux : le pillage silencieux de la biodiversité africaine. Le Kenya a bien fait de sanctionner. L'Afrique doit maintenant aussi apprendre à valoriser et monétiser légalement ses ressources vivantes.
Sérieusement — si une fourmi vaut 100 dollars, est-ce que l'Afrique devrait créer une industrie légale d'élevage et d'exportation d'insectes rares ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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