Face à des délestages prolongés depuis juin, la Gambie connaît des manifestations spontanées à Banjul, à quelques mois de la présidentielle.
Publie le 10 septembre 2026 à 15:20 - mis a jour le 11 septembre 2026 à 20:43

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Des pneus qui brûlent en pleine nuit à Banjul. Voilà où mène, en Gambie, une crise énergétique qui dure depuis juin 2026 et que plus personne ne veut encaisser en silence.
D'après une dépêche de l'Agence France-Presse relayée par Bourse Direct, le pays traverse des délestages prolongés, parfois de plusieurs jours d'affilée, en pleine saison chaude. Dans la nuit du 7 au 8 septembre, la colère a débordé dans plusieurs villes, notamment à Banjul, où des habitants excédés ont bloqué des routes pour dénoncer des coupures devenues, selon leurs mots, insupportables.
lia contestation a rapidement pris une tournure politique, visant directement le président Adama Barrow. Face à la montée de tension, le chef de l'État a annulé un déplacement prévu pour se rendre dans les locaux de la compagnie nationale d'eau et d'électricité. Dans une adresse à la nation, il a reconnu l'ampleur des difficultés vécues par les foyers gambiens et appelé à la retenue, tout en rappelant que plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest font face à des tensions énergétiques comparables.
Le président a promis un renforcement de la production électrique d'ici fin octobre 2026. Le directeur général de la compagnie nationale, cité par le site Alwihda Info, attribue en partie ces coupures à une combinaison de facteurs : changement climatique, pic de demande lié à la chaleur, et répercussions de tensions internationales sur l'approvisionnement énergétique.
L'électricité, ou son absence, est en train de devenir un thème de campagne à part entière en Gambie, à quelques mois d'une élection présidentielle prévue en décembre. Et c'est un symptôme régional : du Sénégal au Nigeria en passant par le Ghana, l'énergie reste le talon d'Achille de la croissance ouest-africaine, celui qui peut faire basculer une élection ou freiner une usine.
Tant que les réseaux électriques africains resteront sous-dimensionnés face à la demande, ce genre de scène continuera de se répéter, d'un pays à l'autre.
Les promesses de renforcement de production suffiront-elles à calmer la rue gambienne avant la présidentielle de décembre ?
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