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Léon XIV a célébré une messe à Bamenda sans nommer la guerre civile anglophone. Sa devise 'En celui qui est un, soyons un' décryptée. Rencontre avec Biya. Comment le Vatican fait de la diplomatie sans le dire.
Publié le 16 avril 2026 à 20:14 UTC

Il était attendu qu'il dise quelque chose. Il n'a pas prononcé le mot "guerre". Il n'a pas nommé les séparatistes ambazonnais. Il n'a pas mis en cause Paul Biya. Mais Léon XIV a quand même dit quelque chose de rare à Bamenda. Et ceux qui écoutaient ont compris.
Le pape a célébré une messe dans une ville où les écoles sont fermées depuis neuf ans, où les "Ghost Towns" imposés par les séparatistes paralysent le commerce plusieurs jours par semaine, où des familles entières ont fui. Une ville qui saignait quand il est arrivé. Il a dit, en substance : la réconciliation n'est pas la capitulation. La paix n'est pas le silence. Et la dignité de chaque personne est inaliénable.
Il a utilisé la devise qu'il avait choisie pour le Cameroun : "En celui qui est un, soyons un." Dans le contexte du conflit anglophone, cette phrase n'est pas anodine. Elle dit que la division n'est pas l'état naturel de ce pays. Elle dit aux Ambazonnais qu'ils peuvent exister dans une nation unie. Elle dit au gouvernement que l'unité ne se décrète pas, elle se construit.
Paul Biya, 93 ans, a reçu le pape à Yaoundé. Leur rencontre a duré une heure et demie selon les sources vaticanes. Aucun communiqué détaillé. La discrétion du Vatican sur le contenu de cette conversation est en elle-même un message : ce qui se dit entre deux chefs d'État ne se dit pas sur un communiqué de presse.
La vraie mesure de cette visite se verra dans les mois qui viennent. Est-ce que Yaoundé va reprendre les négociations avec les représentants anglophones ? Est-ce que des gestes concrets seront faits sur la réouverture des écoles ? La visite pontificale n'est pas un accord de paix. Mais elle peut être le début d'un processus que personne n'avait osé initier depuis des années.
Pour l'Afrique, cet épisode rappelle que la diplomatie informelle reste parfois plus efficace que les sommets officiels. Le pape a fait en 48 heures ce que l'Union Africaine et l'ONU n'ont pas su faire en neuf ans : mettre le monde au pied du problème, sans prononcer un mot de trop.
Source Couverture: AFP - ALBERTO PIZZOLI
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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