Un groupe de hackers proche d'Alger affirme avoir diffusé les données personnelles de 70 000 agents de sécurité marocains, dans un contexte de tensions régionales exacerbées par le cyberespace.
Publié le 27 août 2026 à 16:10 — mis à jour le 8 octobre 2026 à 00:29

Ecouter l'article
Soixante-dix mille noms, dates de naissance et numéros de matricule, publiés en quelques clics sur une messagerie cryptée. La guerre entre Alger et Rabat a désormais un nouveau front: le cyberespace.
Le collectif de hackers Jabaroot a affirmé le 24 août avoir rendu publiques les données personnelles de plus de 70 000 agents rattachés à la Direction générale de la sûreté nationale et à la Direction générale de la surveillance du territoire marocaines. Les fichiers diffusés sur Telegram comporteraient noms, dates de naissance, numéros d'identité, matricules professionnels et parfois coordonnées bancaires. Si l'authenticité complète de la liste n'a pas été établie de façon indépendante, plusieurs anciens membres du renseignement marocain interrogés par la presse internationale la jugent au moins partiellement crédible. Les pirates justifient leur action par la dénonciation de responsables sécuritaires marocains qu'ils accusent d'avoir facilité la crise migratoire de Ceuta fin juillet, une accusation non prouvée à ce stade. Une analyse plus poussée suggère toutefois que les données compromises proviendraient de fichiers administratifs plus larges, touchant l'ensemble de la fonction publique, plutôt que d'une intrusion directe dans les systèmes internes de la DGSN ou de la DGST.
Fait notable relevé par plusieurs observateurs: près de 24 heures après la publication, aucun média marocain n'en avait fait état, une chape de silence qui contraste avec la couverture immédiate dans la presse algérienne et internationale.
Cette affaire illustre une tendance de fond sur le continent: la rivalité géopolitique entre États se joue de plus en plus sur un terrain numérique où la frontière entre cyberattaque, désinformation et guerre psychologique devient de plus en plus floue.
Pour des services de renseignement africains encore peu préparés à ce type d'exposition, la véritable question n'est plus de savoir si une fuite se produira, mais quand la prochaine surviendra.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…