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Cérémonie officielle au Grand Théâtre, présence de Diomaye Faye, concert et colloque. À 100 ans, Wade reste une figure qui divise et rassemble.
Publié le 4 juin 2026 à 08:20 UTC+0

Cent ans, ce n'est pas un record. C'est un miroir.
Jeudi 4 juin, le Sénégal rend un hommage national à Abdoulaye Wade, ancien président de 2000 à 2012, qui a fêté ses 100 ans le 29 mai. Une cérémonie officielle se tient au Grand Théâtre de Dakar en présence de Bassirou Diomaye Faye. Wally Seck donnera un concert. Un colloque est prévu vendredi au Monument de la Renaissance africaine, statue emblématique de l'ère Wade.
Pour une partie du pays, « Gorgui » reste l'architecte de la première alternance démocratique, des autoroutes, de l'électrification rurale, d'un aéroport moderne. Pour une autre, il symbolise les dérives autoritaires de la fin du règne, la dette, les polémiques autour de la famille présidentielle, la contestation de 2011-2012. Les deux lectures coexistent dans la même rue.
Un hommage d'État n'efface pas le débat. Il le cristallise. Faye et Wade incarnent deux générations de pouvoir sénégalais. Célébrer l'ancien sans renier le présent exige un équilibre que peu de démocraties africaines maîtrisent.
La vraie question n'est pas de savoir si Wade mérite la reconnaissance. C'est de savoir si le Sénégal transforme la mémoire en leçon : alternance oui, concentration du pouvoir non, institutions fortes toujours.
Un hommage national peut-il unir un pays sans imposer le silence sur les erreurs du passé ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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