Fondateur du groupe Les Marabouts d'Afrik, Djakou s'est éteint le 7 octobre à Abidjan. Hommages et retour sur un genre musical né dans les cités universitaires.
Publié le 9 octobre 2026 à 12:01 — mis à jour le 10 octobre 2026 à 05:04

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Une guitare qui ne vibrera plus sur scène, et des hommages qui pleuvent depuis Abidjan jusqu'à la diaspora. Djakou, membre fondateur du groupe de zouglou Les Marabouts d'Afrik, est mort le 7 octobre, selon Linfodrome et Afrik Soir.
A'Salfo, leader du groupe Magic System, a salué un artiste resté fidèle « aux valeurs de la pure tradition Wôyô » malgré une carrière qui l'a mené sur les plus grandes scènes du pays, rapporte Afrik Soir. AllAfrica, qui reprend l'émotion de la presse ivoirienne, décrit un monde culturel ivoirien tout entier en deuil.
Le zouglou n'est pas qu'un genre musical parmi d'autres en Côte d'Ivoire. Né dans les cités universitaires d'Abidjan à la fin des années 1980, porté par une génération d'étudiants qui dénonçaient en chantant les galères du quotidien, il est devenu une bande-son nationale.
On le reprend aussi bien dans les mariages que dans les manifestations. Chaque disparition d'un pionnier du genre, comme Djakou, referme un peu plus le cercle des témoins directs de cette naissance musicale.
Les industries culturelles africaines cherchent encore, trop souvent, à documenter et archiver leur propre histoire plutôt que de la laisser filer avec ceux qui l'ont vécue. La mémoire du zouglou mérite mieux qu'un hommage sur les réseaux sociaux. Elle appelle des archives, des rééditions, un vrai travail de patrimoine musical.
Qui, en Côte d'Ivoire ou ailleurs sur le continent, prendra en charge la mémoire des pionniers du zouglou avant qu'elle ne s'efface avec eux ?
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