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En visite d'État à Pretoria, William Ruto évoque les violences anti-immigrés. Ramaphosa temporise. Deux visions de la migration intra-africaine s'affrontent.
Publié le 5 juin 2026 à 10:22 UTC+0

Pretoria signe des accords. Johannesburg brûle parfois.
Jeudi 4 juin, William Ruto concluait à Pretoria sa première visite d'État en Afrique du Sud. Économie, technologie, culture : la liste des partenariats signés avec Cyril Ramaphosa est longue. Pourtant, une autre question a dominé les conversations, celle des violences xénophobes qui secouent régulièrement la nation arc-en-ciel.
Le Kenya avait déjà appelé ses ressortissants à la prudence. Ruto a choisi une approche plus structurelle. Pour lui, l'Afrique du Sud attire parce qu'elle est plus développée. Tant que les opportunités resteront concentrées dans quelques pays, les tensions migratoires continueront. Sa formule est claire : créer des services et des emplois partout sur le continent pour que les Africains avancent ensemble sans se heurter.
Ramaphosa a répondu autrement. Il nie la xénophobie comme trait national et promet d'envoyer des délégations dans les pays voisins pour discuter migration. C'est une ligne rassurante pour l'opinion sud-africaine, mais elle ne règle pas le quotidien des étrangers visés dans les rues.
Le week-end précédent, au moins deux Mozambicains ont été tués lors de marches anti-immigration. Des centaines de Ghanéens ont fui le pays. Le Nigeria et le Malawi préparent des rapatriements. L'Afrique du Sud reste une puissance économique régionale. Elle ne peut pas se permettre d'être perçue comme un piège pour les travailleurs africains qui la font tourner.
Deux présidents, deux diagnostics. L'un parle de développement continental. L'autre de gestion migratoire. Entre les deux, des vies continuent de basculer.
Pretoria traduira-t-elle les accords signés en protection réelle pour les migrants africains ?
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