Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
L'opération Dougoukoloko place 35 zones forestières sous autorisation militaire préalable. Sécurité antiterroriste ou atteinte aux communautés riveraines ?
Publié le 5 juin 2026 à 10:35 UTC+0

Quand l'armée entre dans la forêt, ce n'est plus seulement la guerre qui change de visage.
Le 3 juin, Bamako a annoncé la création de nouvelles zones d'intérêt militaire au sein de 35 forêts classées, réserves naturelles et espaces protégés. L'arrêté interministériel, signé dans le cadre de l'opération Dougoukoloko, associe Défense, Justice, Administration territoriale, Sécurité, Transports et Environnement.
Parmi les sites concernés figurent les forêts de Faya, Soussan, Kékoro, Sorodian, Kangaba, Kéniébaoulé, Bossofala et Kobri, ainsi que le Parc national de la Boucle du Baoulé, classé biosphère UNESCO depuis 1982. Désormais, tout accès exige une autorisation préalable délivrée par une autorité militaire locale.
Les autorités estiment que ces espaces servent de bases arrière aux groupes armés terroristes. Un mois après les attaques coordonnées du 25 avril visant Bamako, Kati, Gao, Sévaré, Mopti et Kidal, la réponse est militaire et territorial. L'état-major peut y conduire des opérations contre toute cible identifiée.
La logique sécuritaire se comprend dans un pays en guerre depuis 2012. Elle pose pourtant une équation difficile. Le parc de la Boucle du Baoulé s'étend sur près de 2,5 millions d'hectares et abrite plus de 300 sites archéologiques. Restreindre l'accès peut perturber élevage, agriculture, collecte de bois et déplacements des populations riveraines.
Sécuriser ne doit pas signifier expulser les communautés de leurs ressources. Le Mali risque de gagner du terrain militaire en perdant du terrain social et environnemental.
Bamako protégera-t-il son territoire sans sacrifier les forêts qui le nourrissent ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…