Le Conseil des ministres burkinabè adopte un projet de loi qui interdit la vente des entreprises publiques jugées stratégiques, et valide un budget 2027 tablant sur 5,6 % de croissance.
Publié le 9 octobre 2026 à 11:58 — mis à jour le 9 octobre 2026 à 16:27

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Plus question de vendre les bijoux de famille. Réuni jeudi à Ouagadougou sous la présidence du capitaine Ibrahim Traoré, le Conseil des ministres burkinabè a adopté un projet de loi qui interdit purement et simplement la privatisation des entreprises publiques jugées stratégiques, selon le compte rendu officiel du gouvernement relayé par Burkina24.
Le texte, qui doit encore passer devant l'Assemblée législative de transition, ajoute le critère de monopole pour définir ce qui relève du stratégique. Il autorise désormais l'État à prendre des participations dans ces structures plutôt que de les céder au privé. Le même conseil a validé le projet de loi de finances 2027, avec une croissance attendue de 5,6 % l'an prochain après 6 % en 2026, et une inflation contenue à 0,3 %.
Depuis la rupture avec certains partenaires occidentaux, Ouagadougou répète que la souveraineté économique passe par le contrôle des secteurs jugés vitaux : énergie, eau, télécommunications. En sanctuarisant ces entreprises dans la loi plutôt que dans de simples discours, le pouvoir burkinabè transforme un slogan politique en verrou juridique difficile à défaire pour un futur gouvernement.
Le pari comporte un risque. Des entreprises publiques protégées de toute cession peuvent aussi devenir des structures sans pression à se réformer, si l'État ne s'impose pas lui-même une exigence de résultat.
La souveraineté économique africaine se construit-elle davantage en gardant ses entreprises publiques dans le giron de l'État, ou en les ouvrant à des capitaux africains privés capables de les faire grandir ?
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