Café-cacao
Café-cacao : l'OIA suspend un administrateur, des coopératives auraient payé pour rien
L'interprofession a suspendu Thibault Yoro à titre conservatoire, après des signalements de versements d'argent contre des déstockages jamais réalisés. Le conseil d'administration statuera le 3 novembre.
Abidjan — Publié le 27 octobre 2026 à 09:27

Quand le cacao ne se vend pas, ceux qui promettent de le vendre prospèrent.
L'OIA Café-Cacao a suspendu, à titre conservatoire, l'un de ses administrateurs, Thibault Yoro, représentant de l'ONPCC-CI pour la région de Gagnoa. Le communiqué, daté du dimanche 25 octobre et signé du président du conseil d'administration, Siaka Diakité, est effectif depuis le lundi 26. Koaci et Afriksoir en publient les termes.
Que reproche-t-on à l'intéressé ? Selon le communiqué, plusieurs signalements indiquent qu'il aurait proposé à des responsables de coopératives de les aider à écouler des stocks résiduels de cacao contre de l'argent. Plusieurs coopératives auraient écrit au président du conseil pour dire qu'elles avaient versé des sommes sans que les opérations aient lieu. Aucun montant n'est avancé, aucune coopérative n'est nommée.
Thibault Yoro est présumé innocent. Il a indiqué à Connexion Ivoirienne qu'il répondrait de manière complète plus tard. Yoro dit avoir déposé une plainte, mais les versions divergent sur la cible. Koaci et Afriksoir parlent d'une plainte à la Police économique et financière contre des responsables de coopératives.
Connexion Ivoirienne évoque une plainte contre le directeur général du Conseil Café-Cacao. Nous ne tranchons pas : toutes les sources reprennent le même communiqué de l'OIA, et rien n'est vérifié de façon indépendante.
L'OIA assure que la mesure « ne constitue pas une sanction disciplinaire définitive » et que l'intéressé n'avait aucun mandat pour parler ou agir en son nom. Elle se dit non impliquée et dit suivre « les aspects judiciaires ». Le conseil examinera le dossier le 3 novembre.
L'affaire pose une question de fond. Des millions de personnes vivent du cacao ivoirien. Quand les stocks s'accumulent et les revenus baissent, les promesses d'intermédiaires trouvent preneur. Une interprofession crédible, c'est d'abord une interprofession dont les coopératives savent à qui elles parlent et ce qu'elles ont le droit de payer.
À ton avis, comment les planteurs peuvent-ils se protéger de ce genre de promesses ?
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