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La diaspora africaine a envoyé 100 milliards de dollars vers le continent en 2024, soit plus du double de l'aide publique internationale. À l'occasion du DiaspoBoost Summit à Casablanca ce 16 avril, analyse d'une ressource sous-exploitée pour l'investissement.
Publié le 17 avril 2026 à 07:04 UTC

Ce 16 avril 2026, à Casablanca, s'ouvre le DiaspoBoost Summit Africa 2026, consacré au rôle des diasporas dans le développement du continent. Un sommet nécessaire. Parce que les chiffres qu'il doit mettre en lumière sont encore trop peu connus.
En 2024, les transferts financiers des diasporas africaines vers le continent ont dépassé 100 milliards de dollars. C'est plus de deux fois l'aide publique au développement reçue par l'Afrique subsaharienne. C'est quasiment à égalité avec les investissements directs étrangers. Ces données, issues du Baromètre 2025 publié en février 2026, changent fondamentalement la lecture du financement africain.
Le Nigeria, l'Égypte et le Maroc captent les flux les plus importants. Mais dans des pays comme le Sénégal, les Comores, le Lesotho ou Cabo Verde, les transferts représentent plus de 10% du PIB national. Ce ne sont pas des compléments de revenu. Ce sont des piliers économiques.
Ces 100 milliards arrivent directement dans les foyers. Ils paient les frais scolaires. Ils financent les petites boutiques. Ils construisent les maisons. Ils permettent aux mères d'accoucher dans des cliniques privées quand les hôpitaux publics sont saturés. Là où l'État est absent, la diaspora est présente.
Mais voilà ce que le système ne permet pas encore : que ces fonds deviennent de l'investissement productif. L'argent de la diaspora reste majoritairement consommé, pas investi. Il subit encore des frais de transfert scandaleusement élevés — 6 à 8% en moyenne pour l'Afrique subsaharienne, contre une cible de 3% fixée par les Objectifs de Développement Durable.
C'est le chantier que le DiaspoBoost Summit veut adresser. L'Afrique 2050 ne se financera pas seulement par la dette internationale ni par l'aide conditionnelle. Elle se financera aussi par ses propres enfants dispersés dans le monde, qui envoient chaque mois, par virements de quelques centaines d'euros, la preuve que le lien ne se coupe jamais.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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