Le Ghana a signé le 10 septembre 2026 deux protocoles d'accord avec Eni Ghana et Vitol pour explorer deux blocs offshore du bassin de Tano, dans la lignée d'un investissement annoncé à 1,5 milliard de dollars.
Publie le 11 septembre 2026 à 15:29 - mis a jour le 11 septembre 2026 à 20:17

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Deux blocs offshore, 2100 kilomètres carrés d'océan Atlantique, et une promesse vieille d'un an qui commence enfin à prendre forme. Le Ghana a signé le 10 septembre 2026 deux protocoles d'accord destinés à relancer l'exploration pétrolière offshore dans le bassin de Tano.
Les accords lient la Ghana National Petroleum Corporation (GNPC) à Eni Ghana et à Vitol Upstream Tano Ltd, pour les blocs GH WB 3 et GH WB 8, où la mer plonge entre 750 et 2800 mètres.
Le pays a ainsi "franchi une étape majeure vers la relance de l'exploration pétrolière amont". Le ministre de l'Énergie et de la Transition verte, John Abdulai Jinapor, a signé au nom de l'État, en présence de responsables de la GNPC. D'après le même média, Eni justifie son intérêt par sa "stratégie d'exploration liée aux infrastructures existantes", qui lui permet de produire déjà 40 000 barils équivalent pétrole par jour dans le pays depuis le projet Offshore Cape Three Points, lancé en 2009. Ces protocoles doivent déboucher sur des contrats pétroliers définitifs et prolongent un protocole d'intention signé en 2025, qui évoquait un investissement pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars.
Pour Accra, l'enjeu dépasse deux blocs offshore. C'est la crédibilité de la réforme du secteur pétrolier voulue par le président John Mahama qui se joue, dans un pays où la production des champs historiques comme Jubilee s'essouffle et où chaque nouveau baril compte pour financer les priorités sociales. Un secteur amont plus compétitif, c'est aussi la promesse de milliers d'emplois techniques pour une jeunesse ghanéenne qui regarde déjà vers les métiers de l'énergie.
À l'échelle du continent, ce genre d'accord raconte une autre histoire : celle d'une Afrique qui négocie ses ressources plutôt que de les brader, et qui commence à exiger des retombées locales avant de signer. D'ici 2050, l'or noir du golfe de Guinée sera-t-il encore extrait pour financer des budgets étrangers, ou pour bâtir l'industrie que le continent attend depuis l'indépendance ?
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