Indépendance des institutions
Liberia : la Cour suprême entend l'appel du gouvernement dans l'affaire Nyan
Le gouvernement conteste une décision qui ordonnait la réintégration du Dr Dougbeh Nyan, limogé en octobre 2025. L'issue de l'audience du 26 octobre n'est pas connue.
Monrovia — Publié le 27 octobre 2026 à 08:46

Un mandat de cinq ans, un limogeage au bout d'un an, une décision de justice et maintenant la Cour suprême. Le dossier du Dr Dougbeh Christopher Nyan teste l'indépendance des agences de santé au .
Lundi 26 octobre à 11 h, la Cour suprême devait entendre, au Temple of Justice de , l'appel de l'exécutif dans l'affaire « Executive Branch of Government v. Dr Dougbeh Christopher Nyan », selon FrontPage Africa et Women Voices Newspaper. Le résultat de l'audience n'est pas connu dans les sources que nous avons lues.
Rappel des faits. Nommé le 1er août 2024 pour cinq ans à la tête de l'Institut national de santé publique du Liberia (NPHIL), le Dr Nyan a été limogé le 15 octobre 2025 par le président Joseph Nyuma Boakai, avec son adjoint, à la suite d'une résolution de onze chefs du conseil du NPHIL. Il conteste. Le 16 février 2026, la juge Jamesetta Howard Wolokolie, siégeant en chambre, lui a donné raison en accordant un writ de prohibition : réintégration, ou salaire et avantages jusqu'au terme du mandat, et interdiction pour la directrice par intérim, Dr Sia Wata Camanor, d'occuper le poste.
L'exécutif a fait appel. Le ministère de la Justice soutient que l'appel suspend l'exécution de la décision, alors que Smart News Liberia, qui publie surtout la version du Dr Nyan, affirme que le gouvernement ne l'a pas appliquée pendant des mois. Les accusations de mauvaise gestion contre lui sont contestées et ne sont pas établies.
Ses soutiens avancent une note d'audit du NPHIL passée de 61 % à 81 % sous sa direction. FrontPage Africa signale aussi une incertitude : la juge Wolokolie siégera-t-elle alors qu'elle a rendu la décision attaquée ?
L'enjeu dépasse un homme. Si la Cour suprême donne raison à l'exécutif, tout dirigeant d'agence à mandat fixe sera plus fragile. Dans une région où Ebola reste une menace, la santé publique a besoin d'institutions qui tiennent quand la politique change.
Un chef d'agence de santé doit-il pouvoir être renvoyé librement par le président ?
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