Les députés malgaches ont repris le chemin de l'hémicycle pour une session extraordinaire marquée par des appels à la dissolution de l'institution portés par la jeunesse.
Publié le 27 août 2026 à 16:19 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 21:52

Ecouter l'article
Après plusieurs semaines de pause, les bancs de l'hémicycle de Tsimbazaza ont retrouvé leurs occupants, mais pas la sérénité.
L'Assemblée nationale malgache a ouvert le 25 août une session extraordinaire convoquée par décret du Conseil des ministres, à la demande des députés eux-mêmes. Sept projets de loi figurent au menu des travaux, dont un texte sur la communication électronique et les infrastructures numériques, une refonte de la législation sur la cybercriminalité, ainsi qu'un texte encadrant l'utilisation pacifique de la technologie nucléaire à Madagascar. Cette session intervient dans un contexte de fortes tensions politiques: des appels à la dissolution de l'institution, portés notamment par des mouvements de jeunesse comme l'Association des étudiants dynamiques des universités de Madagascar, se multiplient depuis plusieurs mois. Le président de la Chambre basse, Siteny Randrianasoloniaiko, a choisi de défendre l'institution en misant sur des commissions d'enquête parlementaires, présentées comme une démonstration de l'exercice effectif du contrôle de l'action gouvernementale.
Le dossier le plus sensible reste en suspens: la demande de mise en accusation de l'ancien président Andry Rajoelina devant la Haute Cour de justice, évoquée depuis des mois mais dont l'examen bute encore sur des conditions financières et administratives non réunies.
Cette crise institutionnelle s'inscrit dans un mouvement plus large de défiance envers les parlements africains, où une partie de la jeunesse urbaine, connectée et impatiente, réclame des résultats concrets plutôt que des textes de loi qui s'accumulent sans effet visible sur le quotidien.
L'Assemblée malgache parviendra-t-elle à transformer ces enquêtes en avancées tangibles, ou la pression populaire finira-t-elle par avoir raison de l'institution elle-même?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…