Le Fonds spécial de réparation lance sa première phase de réparations collectives pour les victimes des exactions ougandaises en RDC. Quatre provinces se partagent 120 millions de dollars.
Publie le 10 septembre 2026 à 20:03 - mis a jour le 11 septembre 2026 à 23:44

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Des années de justice internationale pour aboutir, enfin, à un chiffre concret sur une table. En République démocratique du Congo, l'argent commence à circuler vers ceux qui ont tout perdu.
Le Fonds spécial de réparation, le FRIVAO, a lancé le 9 septembre 2026 la première phase des réparations collectives destinées aux victimes des exactions de l'armée ougandaise en RDC. Une enveloppe de 120 millions de dollars, répartie entre quatre provinces, Ituri, Tshopo, Haut-Uélé et Bas-Uélé, soit 30 millions chacune.
L'annonce a été faite par le ministre d'État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali. Cette phase collective, financement de la santé, de l'éducation, de l'eau et de la relance économique, précède une phase de réparations individuelles, après audit des dossiers de victimes.
Ce versement s'inscrit dans l'exécution d'un arrêt rendu par la Cour internationale de Justice en février 2022, qui a condamné l'Ouganda à verser 325 millions de dollars à la RDC. Deux cent soixante millions ont déjà été payés. Mais un chiffre, aussi haut soit-il, ne répare jamais vraiment des villages rasés ou des familles décimées. Il peut, en revanche, reconstruire une école, un centre de santé, un puits. Et surtout, il envoie un message rare sur le continent : la justice internationale peut, parfois, se traduire concrètement, pas seulement en jugements qui restent lettre morte.
Dans les décennies qui viennent, la capacité de l'Afrique centrale à transformer ces décisions judiciaires en reconstruction réelle, palpable, sur le terrain, déterminera si la justice internationale garde un sens aux yeux des populations qui en ont le plus besoin.
Ces 120 millions de dollars suffiront-ils à reconstruire la confiance dans des provinces marquées par des années de violence, ou ne seront-ils qu'une réparation comptable de plus ?
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