Sénégal : de la fumée dans l’hémicycle en plein bras de fer sur le budget
Ce 27 octobre, une fumée a interrompu quelques minutes l’examen de la loi de finances rectificative 2026 à l’Assemblée nationale. Un incident sans lien établi avec les débats, mais qui tombe au cœur d’un affrontement entre Pastef et le gouvernement.
Publié le 27 octobre 2026 à 13:04

Le rapporteur lit encore son rapport quand la fumée monte. En quelques secondes, l’hémicycle de se fige. Ce mardi 27 octobre, la séance la plus attendue de l’année s’arrête net.
Les députés examinaient le projet de loi de finances rectificative 2026. Selon Web TV, la fumée provenait d’une cabine de la salle. Senego évoque de son côté l’alerte d’une possible fuite de gaz. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a suspendu les travaux pour quelques minutes, rapporte Dakaractu. L’origine exacte n’était pas encore connue, et rien ne la relie aux débats.
Mais le décor, lui, était déjà électrique. À l’ouverture des débats, Ousmane Sonko avait lancé un avertissement : « aucune menace ne va prospérer », et la loi serait votée ou rejetée « sans aucune pression ».
Car ce budget est devenu un bras de fer. Pastef, le parti de Sonko, détient une large majorité à l’Assemblée. Il a pourtant rejeté le texte en commission la semaine dernière, contre le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié. Ses exigences, selon RFI : obtenir les accords conclus avec la Banque mondiale sur la « dette dite cachée », réduire le train de vie de l’État, encadrer les fonds spéciaux. Le parti dénonce aussi des coupes dans la santé et l’éducation. Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lô, a appelé les députés à amender plutôt qu’à bloquer.
Si le texte est rejeté en plénière, l’exécutif pourrait le faire adopter sans vote grâce à l’article 86 de la Constitution. Pastef pourrait alors répondre par une motion de censure.
Pourquoi ça compte bien au-delà de Dakar ? Parce qu’un Parlement africain qui exige de voir les comptes avant de voter le budget, ce n’est pas si courant. Le sort d’un scandale de dette cachée. La question posée ici concerne tout le continent : qui contrôle vraiment l’argent public ?
D’ici 2050, les budgets africains vont grossir au rythme de la population. Les pays où les élus exigent la transparence seront mieux protégés contre les dettes invisibles.
Alors, selon vous, ce bras de fer renforce-t-il la démocratie sénégalaise, ou fragilise-t-il un État qui a besoin de stabilité pour sortir de sa crise de la dette ?
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