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Le 19 avril 2026, Boko Haram a donné 72h au Nigeria pour payer 5 milliards de nairas en échange de 416 femmes et enfants enlevés à Ngoshe, Borno. Un ultimatum qui révèle l'incapacité structurelle à briser ce cycle.
Publié le 24 avril 2026 à 19:02 UTC

Le 19 avril 2026, une faction de Boko Haram connue sous son nom arabe Jama'atu Ahlis-Sunna Lidda'awati wal-Jihad a publié une vidéo transmise aux médias nigérians. Des hommes armés et masqués, le ton sans ambiguïté : 416 femmes et enfants enlevés le 3 mars 2026 à Ngoshe, dans l'État de Borno, seraient exécutés ou dispersés dans des lieux inconnus si le gouvernement nigérian ne verse pas 5 milliards de nairas dans un délai de 72 heures.
Les victimes ont été enlevées lors du raid sur Ngoshe le 3 mars 2026, confirmé par la Borno South Youths Alliance (BOSYA). Ngoshe est une localité rurale de l'arrondissement de Gwoza, dans le nord-est du Nigeria, une zone sous pression jihadiste depuis plus d'une décennie. La majorité des 416 captifs sont des femmes et des enfants. Le président de la BOSYA, Samaila Kaigama, a publiquement supplié le président Tinubu, son vice-président Shettima et le gouverneur Zulum d'agir avant la fin de l'ultimatum.
Ce n'est pas une surprise. Amnesty International Nigeria a documenté au moins 1 100 enlèvements dans les États du nord du pays entre janvier et avril 2026 seulement. Le Nigeria dépasse désormais le Mexique et la Colombie en nombre de cas d'enlèvements annuels, selon l'ACLED. En février 2026, une enquête de l'AFP avait révélé que le gouvernement avait versé plusieurs millions de dollars de rançon pour 230 élèves enlevés, avant de nier officiellement. Le dilemme est toujours le même : payer encourage les enlèvements futurs ; refuser expose des vies innocentes.
Le Nigeria consacre plus de 4 milliards de dollars par an à la défense. Il dispose de l'une des armées les plus équipées du continent. Pourtant, des zones rurales entières du nord-est restent hors de contrôle depuis vingt ans. Ce n'est pas un problème de moyens militaires. C'est un problème de stratégie. Tant que la réponse restera uniquement militaire, sans développement, sans présence de l'État dans les zones rurales, sans traitement des griefs des communautés marginalisées, les enlèvements continueront.
L'Afrique 2050 ne peut pas se construire sur un continent où des mères et des enfants servent de monnaie d'échange.
Qu'est-ce que tu penses de la réponse du gouvernement nigérian face à Boko Haram ?
Source Image de couverture : VOA
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