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L'opposant proche d'Issa Tchiroma reste à Kondengui jusqu'au 5 décembre. Son avocat dénonce une procédure opaque et des qualifications changeantes.
Publié le 5 juin 2026 à 09:39 UTC+0

Yaoundé parle d'enquête. Kondengui parle de silence.
Djeukam Tchameni, opposant proche d'Issa Tchiroma Bakary, restera en détention provisoire jusqu'au 5 décembre 2026. Le juge d'instruction près du tribunal militaire de Yaoundé a ordonné six mois supplémentaires. L'homme politique, arrêté deux jours avant la proclamation des résultats de la présidentielle du 12 octobre 2025, est inculpé d'atteinte à la sûreté de l'État et demeure à la prison de Kondengui.
Maître Jean Joseph Claude Siewe, l'un de ses avocats, dénonce une illégalité totale. La détention provisoire est une mesure exceptionnelle, rappelle-t-il. Or, depuis six mois, l'enquête n'a produit aucun élément nouveau visible. Pire, les qualifications reprochées auraient évolué entre l'ordonnance initiale et celle de prolongation : atteinte à la sûreté extérieure, propagation de fausses nouvelles, révolution.
Djeukam Tchameni n'est pas un cas isolé dans la galaxie Tchiroma. Anicet Ekane, autre proche du candidat, est mort en détention en décembre. Le Cameroun de Paul Biya, où le pouvoir se maintient depuis plus de quarante ans, a l'habitude des opposants enfermés pendant que les institutions temporisent.
Tenir un adversaire politique hors du jeu sans procès public affaibit la crédibilité d'un État qui se veut stable et investor-friendly. Les partenaires internationaux le savent. Les Camerounais aussi.
Un pays qui veut légitimité électorale peut-il se permettre des détentions sans fin ni procès équitable ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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