Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Le 15 avril marque 3 ans de guerre au Soudan : 150 000 morts, 12 millions de déplacés. L'angle inédit : l'Afrique elle-même couvre insuffisamment ses propres crises. Souveraineté informationnelle africaine analysée.
Publié le 16 avril 2026 à 05:40 UTC

Le 15 avril 2023, la guerre éclatait au Soudan entre les Forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide. Trois ans plus tard, à Khartoum, les rues brûlent encore. 150 000 morts. 12 millions de déplacés. Et le chiffre le plus sombre : la crise humanitaire la plus grande au monde, devant l'Ukraine, absente de la plupart des Unes africaines.
Ce 15 avril 2026, une conférence internationale se tient à Berlin pour tenter de mobiliser les donateurs et faire pression sur les belligérants. L'initiative est nécessaire. Mais elle soulève une question inconfortable : pourquoi a-t-il fallu trois ans et 150 000 morts pour qu'une conférence internationale de haut niveau se réunisse ? Et pendant ce temps, l'Union Africaine, l'IGAD et l'ONU ont accumulé les réunions sans parvenir à un cessez-le-feu durable.
Le bilan est accablant. Plus de la moitié de la population soudanaise a besoin d'aide humanitaire, soit 17,1 millions de personnes selon UN Women. L'appel aux dons de l'ONU n'est couvert qu'à une fraction de son objectif. Les MSF rapportent que des femmes arrivent dans les camps sans rien, certaines avec des traumatismes de violences multiples.
Le rapprochement médiatique que personne ne veut faire : selon plusieurs études de couverture presse, le conflit ukrainien a généré 5 à 10 fois plus d'articles dans les médias internationaux que le Soudan. Pour une crise humanitaire pourtant 3 fois plus grande en nombre de déplacés. Ce n'est pas anodin. C'est systémique. Et l'Afrique doit avoir ce débat en son sein : ses propres médias couvrent-ils suffisamment les crises africaines ?
Pour l'Afrique 2050, avoir des médias panafricains puissants n'est pas un luxe culturel. C'est une question de souveraineté informationnelle. Ce que le monde ne voit pas, le monde ne le défend pas. Le Soudan en est la preuve la plus douloureuse.
Source Couverture : © Zohra BENSEMRA de Reuters
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…