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Le 20 avril 2026, le TPI de Mafanco à Conakry a condamné la chanteuse Yama Séga et l'influenceuse Maya La Solution à 2 ans avec sursis, 40 millions GNF d'amende et interdiction de réseaux sociaux. Signal fort ou censure déguisée ?
Publié le 24 avril 2026 à 09:53 UTC

Le lundi 20 avril 2026, Mariama Bah, connue sous le nom de scène Yama Séga, chanteuse guinéenne, et Mariame Kaba, alias Maya La Solution, influenceuse, ont comparu devant le Tribunal de première instance de Mafanco à Conakry. L'affaire avait été orientée en procédure de flagrant délit après leur déferrement le matin même. Les deux prévenues ont reconnu sans détour les faits : des insultes, des menaces et des propos dégradants échangés lors de lives Facebook, largement relayés.
Le procureur avait requis deux ans de prison avec sursis et 30 millions de francs guinéens d'amende chacune. Le tribunal a été plus sévère : deux ans avec sursis, 40 millions de francs guinéens d'amende chacune (environ 3 850 euros), et une interdiction de publier sur les réseaux sociaux pendant deux ans en dehors de leurs activités strictement professionnelles. Le tribunal a reconnu les deux femmes coupables d'injures, de diffamation, d'outrage et d'atteinte à la dignité humaine par le biais d'un système informatique.
D'un côté, la décision envoie un signal clair : la notoriété ne donne pas le droit de tout dire sur les réseaux sociaux. En Afrique comme ailleurs, des millions de femmes subissent chaque jour du cyberharcèlement. Que des personnalités populaires soient tenues pour responsables de leurs paroles est une avancée réelle.
De l'autre côté, la rapidité de la procédure (moins de 24 heures entre déferrement et jugement) et l'ampleur des sanctions soulèvent des questions sur les garanties du droit à un procès équitable. La liberté d'expression, même dans ses formes les plus déplaisantes, mérite une protection procédurale sérieuse.
L'Afrique est le continent avec la croissance la plus rapide de l'utilisation des réseaux sociaux. La question de comment réguler l'espace numérique africain, sans étouffer la liberté d'expression ni tolérer la violence en ligne, est l'une des questions fondamentales de la génération actuelle.
Qu'est-ce que tu penses de cette condamnation ?
Source Image de Couverture : ConakryWeb
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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